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The Gapiannist – Where sex conversation takes place

Les multiples facettes de l'orgasme


Jess, Clem et les girls du Collectif Junon font frémir Paris avec leur programmation d’évènements féministes et éclectiques, leur blog éponyme depuis 2015 déconstruit les schémas préconçus sur la sexualité de notre époque. Si vous ouvrez l’œil, vous avez d’ailleurs peut être aperçu Clem sur sa Pussyclette bleue livrer leur brillant magazine Hystérique aux quatre coins de Paname. Gapianne s’associe à Junon pour vous présenter une sélection de sujets passés au scalpel par le collectif, et bien sûr le dernier numéro d’Hysterique est disponible à la vente ici, bonne lecture !




Je suis tombée sur un article du Parisien, assommant par tous ces chiffres et ces diaphragmes, heuuu , diagrammes sur “l’orgasme féminin”… Du coup j’ai décidé d’approfondir leur article. L’orgasme est l’apogée d’un coït ou autre pratique sexuelle. Mais comment un tel phénomène est-il possible ? Pourquoi les “femmes” ont-elles plus de mal à l’atteindre ? On remet les bases et on se lance.


Tout d’abord l’orgasme ? Qu’est ce que c’est exactement ?


C’est un concept que nous connaissons et que nous avons peut être déjà expérimenté mais qui cependant reste dur à définir. Pour simplifier, on pourrait dire que c’est une réponse psychologique et physique qui a lieu au maximum de la phase d’excitation sexuelle. C’est ce qu’on appelle la jouissance extrême, qui dure environ 6 secondes pour les détenteurs.trices de pénis et 20 secondes pour les détenteurs.trices de vulve.


L’orgasme se traduit dans la majorité des cas et en général par l’éjaculation du pénis / et par une contraction musculaire du périnée et rétraction du clitoris. La stimulation des différentes parties érogènes et la stimulation psychologique durant l’acte vont donc provoquer beaucoup de réactions corporelles :

*Un mouvement musculaire, *Une accélération du rythme cardiaque et de la respiration, *Une dilatation des pupilles, *Lubrification, *Vocalisation (quand tu fais un peu trop de bruit pour les voisins) *Spasme du visage, *Rougeurs, *Libération de la tension sexuelle.


Pendant l’orgasme, deux protéines sont libérées au niveau du cerveau : l’ocytocine et la prolactine, qui vont donner cette impression de profond bien-être. C’est ce qui va notamment créer cette envie d’activité sexuelle persistante. Au niveau psychologique, l’orgasme provoque aussi une inhibition des sens (la prochaine fois tu essaieras de sentir l’odeur de graillon qu’a laissé la préparation du dîner et tu verras que j’ai raison), mais aussi un bien-être extrême ainsi qu’un apaisement et relâchement de tout ton corps. En plus de toutes ces réactions il faut savoir que pour les personnes qui ont un clitoris, il se met en érection, tes petites lèvres enflent, deviennent plus foncées et plus sensibles. Ton vagin diminue de volume et se gorge de sang. Et pour finir, le muscle de ton utérus se contracte. Ce phénomène, bien que perpétré depuis la nuit des temps, n’a été étudié scientifiquement qu’à partir des années 60 par William Master et Virginia Johnson (On te conseille vivement la série éponyme). Bref, leurs études se penchent sur la sexualité et notamment sur l’orgasme lors de rapports sexuels ou de masturbations.


Ils déduisent de leurs analyses 4 phases de la réponse sexuelle dont l’orgasme : *L’excitation : montée du plaisir par stimuli (notamment du clitoris), *Le plateau, c’est l’excitation constante durant tout le rapport. *L’orgasme, qui est la montée du plaisir avec une contraction des muscles. *La résolution, c’est lorsque l’esprit et le corps redescendent au repos.



Contrairement à une mauvaise pensée populaire qui départagerait les femmes en deux groupes, les clitoridiennes et les vaginales, les tests et expériences scientifiques de William et Virginia, montrent qu’en réalité nous sommes toutes clitoridiennes. En effet, l’orgasme vaginal est provoqué par une stimulation indirecte du clitoris par le mouvement et la faible distance entre ces deux organes. En réalité, il existe UN orgasme mais de multiples façons de l’atteindre.


Après l’effort, le réconfort, après l’orgasme, le post-orgasme. Et oui, après l’orgasme, le corps débute sa phase de résolution : une période dite réfractaire qui dure de 5 minutes pour les femmes à 20 minutes pour les hommes, c’est en réalité le temps que le corps va prendre pour retourner au repos, qui peut comprendre une période de sommeil.


Le corps peut aussi complètement te lâcher en laissant tes larmes couler. Les pleurs sont fréquents après un grand moment de plaisir. C’est dû à la chute soudaine de la tension sexuelle et des différentes hormones produites durant l’acte. Il est donc normal de ressentir différentes émotions après un orgasme.


Que ce soit une sensation de plénitude due aux endorphines, de la tristesse ou de la nostalgie dues aux hormones ou alors le sentiment négatif de l’échec, qui est une peur que tout le monde ressent, cette peur de ne pas combler l’autre (alors que franchement, si tu as eu le feeling, c’est que l’autre personne a prit son pied aussi).


Mais pourquoi les femmes cis ont plus de mal à atteindre l’orgasme en général ?


J’ai trouvé différentes réponses, notamment dans le livre « La Révolution du plaisir féminin – sexualité et orgasme » d’Elisa Brune et aussi dans de nombreux articles de sexologues, psychologues, blablatologue, bref, voilà donc quelques réponses :


*Premièrement, il arrive que par leur éducation, les femmes connaissent mal leur corps. Beaucoup de femmes n’ont jamais exploré leur corps, ne se sont jamais masturbées. Connaître son corps, ses sensations, ce que l’on aime, ce que l’on désire, savoir se donner du plaisir seule est une clé pour donner et recevoir du plaisir à deux.


*Deuxièmement, le ou la partenaire peut mal connaître l’autre corps. J’ai eu la chance de lire ce commentaire aujourd’hui : « Il n’y a pas de femmes frigides, il n’y a que des mauvais amant.es » ça m’a fait rire. On a toutes déjà eu cette réflexion après un rapport sexuel un peu foireux : « Bah il.elle n’a pas trouvé mon clito… » « Il.elle ne sait pas s’en servir j’en ai encore mal » « Il.elle n’a même pas cherché… » Donc s’il vous plait, allez sur Google, tapez « clitoris » et regardez où il se trouve. Une fois localisé, demandez à votre partenaire de prendre 5 minutes pour vous montrer ce qu’elle aimerait que vous fassiez avec, parce qu’après ces 5 minutes, c’est pour la vie cette pratique.



*Troisièmement, stop à la course à l’orgasme. On est entrés dans une phase de performance, l’orgasme à tout prix, à tous les rapports… Les femmes sont souvent poussées, par les stéréotypes de ces foutus magazines, à DONNER un orgasme à leur conjoint.. Ce qui les mène souvent à penser que si elles n’ARRIVENT pas à lui en donner, c’est un échec. La femme se met alors à la chasse à l’orgasme de son partenaire sans faire attention à son plaisir à elle.

Pourtant, se faire plaisir à soi, un plaisir égoïste, sans retenue (mais toujours avec consentement bien entendu) c’est la clé du plaisir à deux, vous ne croyez pas ? Et puis si on n’atteint pas l’orgasme à chaque fois, ce n’est pas grave ! Tant qu’on ressent du plaisir, du désir et qu’on se sent comblé(e), non?


*Quatrièmement, la perte de libido due aux contraceptifs, le vaginisme, les troubles sexuels, l’excision, le viol, les traumatismes… 15% des Françaises sont aujourd’hui touchées par le vaginisme. En 2004, 53 000 femmes résidants en France étaient « recensées » excisées. 75 000 viols par an seraient commis en France. Donc beaucoup de femmes blessées, torturées, traumatisées ou qui ont juste quelques problèmes passagers. Ça influence beaucoup tous ces chiffres.


En conclusion, je préfère juste vous donner une petite recette de grand-mère pour faire passer votre hoquet persistant : l’orgasme. Sur ce je vous laisse, je pars en exploration.



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