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The Gapiannist – Where sex conversation takes place

Et la pilule, on en parle ?


Jess, Clem et les girls du Collectif Junon font frémir Paris avec leur programmation d’évènements féministes et éclectiques, leur blog éponyme depuis 2015 déconstruit les schémas préconçus sur la sexualité de notre époque. Si vous ouvrez l’œil, vous avez d’ailleurs peut être aperçu Clem sur sa Pussyclette bleue livrer leur brillant magazine Hystérique aux quatre coins de Paname. Gapianne s’associe à Junon pour vous présenter une sélection de sujets passés au scalpel par le collectif, et bien sûr le dernier numéro d’Hysterique est disponible à la vente ici, bonne lecture !




Au début des années 2000, environ 60 % des femmes françaises âgées de 20 à 44 ans utilisent la pilule comme contraception. On peut le dire c’est un peu la « star » dans le domaine ! Pourtant aussi étrange que cela puisse paraître, cette place prédominante n’est occupée qu’en France et n’a pas d’équivalent à l’étranger, le stérilet étant le premier choix contraceptif au niveau mondial et notamment en Chine. La pilule est donc une contraception orale, un moyen contraceptif hormonal féminin, qui se présente sous la forme de comprimés à prise quotidienne. Rappelons encore, contrairement aux préservatifs ( et SEULEMENT LES PRESERVATIFS), l’usage de contraception ne protège pas du tout contre les infections sexuellement transmissibles (IST)!


Cela étant rappelé commençons par le commencement : l'idée de la pilule a été lancée par Margaret Sanger, infirmière, et Katharine McCormick, biologiste ( deux chic personnes). En 1950, elles offrent à l’endocrinologue ( mais oui tout le monde connaît ce métier ) Gregory Pincus, de financer des travaux pour la mise au point d’une hormone synthétique contraceptive. Cette recherche repose sur la conviction de Pincus que l’arrêt de l’ovulation durant la grossesse est lié à l’action de l’hormone Progestérone, et il avait vu juste ce sacré Greg. En mettant au point une hormone synthétique semblable au progestérone, il devient donc possible de bloquer la fécondation.

Pourtant sa diffusion ne fut pas si simple , aux Etats-Unis par exemple, pour les femmes mariées, la pilule ne devient définitivement légale dans l’intégralité des cinquante États qu’après une décision de la Cour Suprême en 1965. L’accès des femmes non mariées à la pilule ne sera définitivement acquise qu’en 1972. En France, c’est en 1967 que la loi Neuwirth dépénalise la contraception pour toutes.



Maintenant place à la maaaaaaaagie , enfin à la science, et à l’explication du fonctionnement de la pilule :


Tout d’abord précisons qu’il existe deux types de pilule contraceptive, la pilule combinée, qui contient deux dérivés de l’œstrogène et de la progestérone, et la pilule progestative, qui ne contient que le progestatif.

L’action de la pilule contraceptive consiste à interférer avec le cycle menstruel naturel de la femme ; les hormones synthétiques apportées par la prise de la pilule empêchent donc l’ovulation.

En temps normal, les ovaires produisent chaque mois deux hormones nécessaires à l’ovulation : l’œstrogène et la progestérone. Cette méthode de contraception agit sur trois plans : – La diminution de la sécrétion des hormones produites par l’hypophyse et donc pas de maturation de follicule au niveau de l’ovaire, ce qui a pour conséquence d’inhiber l’ovulation ( oui c’est compliqué tout ça, pourtant ça se passe dans mon corps et dans le tien aussi) ; – La modification de la glaire cervicale qui devient moins perméable aux spermatozoïdes ; – La modification de l’endomètre qui ne permet plus la nidation. On peut résumer en disant qu’elle provoque une « mise en veille » des ovaires. La pilule est un médicament et, comme pour beaucoup de médicaments, il existe certaines contre-indications (maladies cardio-vasculaires, hypertension, maladie du foie). C’est pourquoi une visite médicale s’impose avant toute prise de pilule.


Ensuite, une visite médicale est conseillée une à deux fois par an. Les pilules améliorent parfois certains troubles comme une maladie d’inflammation pelvienne, une dysménorrhée, un syndrome prémenstruel, de l’acné. Les nausées et tensions mammaires, plus rares avec les dosages utilisés aujourd’hui, s’estompent souvent après quelques cycles de prises. La prise de poids est souvent problématique dans l’imaginaire collectif , pourtant elle n’est pas systématique et peut être maîtrisée par des efforts d’équilibre alimentaire et d’activité sportive concédés dans les trois premiers mois de la prise. Mais bonne nouvelle : l’utilisation d’un contraceptif oral diminue aussi le risque de cancer des ovaires.


La pilule peut avoir un effet soit positif, négatif, ou nul sur la libido féminine, tout dépend de comment réagit ton corps.

Une petite recommandation aux porteuses de lentilles oculaires, il survient parfois des intolérances sous pilule, comme au cours de la grossesse, et oui comme quoi, tout est connecté.